L’avenir s’assombrit encore pour les rhinocéros…

Alors que le commerce de corne de rhinocéros y était interdit depuis 2009, l’Afrique du Sud vient récemment d’en autoriser la vente sur le territoire national (accompagnée d’un certificat).

L’argument avancé par ceux qui ont fait pression pour obtenir ce changement de législation serait de dissuader les braconniers de massacrer les rhinocéros…

Quand on sait qu’environ 70 % des rhinocéros de la planète vivent en Afrique du Sud, dont certains dans des fermes d’élevage où la pratique de l’écornage est courante depuis longtemps – officiellement pour protéger ces animaux – et que toutes ces cornes coupées ont été soigneusement entassées et conservées en sécurité par leurs propriétaires, on comprend vite que tout ceci relève surtout d’un gros business et certainement pas d’une démarche de sauvegarde d’espèce en voie de disparition.

Certains propriétaires de rhinocéros vont ainsi se retrouver du jour au lendemain multimillionnaires à en juger par le prix du kilo de corne au marché noir (50 000 à 70 000 euros) et les quantités amassées.

Il est bien évident que cette nouvelle législation va attiser l’appétit des « consommateurs », en majorité issus d’Asie, et sera inévitablement contournée pour mettre en adéquation l’offre et la demande, comme dans tout processus commercial.

En d’autres termes, ce ne sont pas les Sud-Africains qui vont se mettre du jour au lendemain à ingurgiter de la kératine…

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Rhinocéros blanc amputé de ses cornes, dans une réserve privée sud-africaine.

Si on peut admettre que l’écornage soit la solution « la moins mauvaise » qu’ont les propriétaires de petites réserves privées pour protéger leurs quelques rhinocéros (et je vous jure que ça fait mal au cœur de voir ces puissants animaux amputés de leurs cornes), c’est en revanche une pratique totalement révoltante à grande échelle, sur des animaux sauvages qu’on exploite uniquement dans le but de produire toujours plus de corne.

Il aurait fallu que l’Afrique du Sud ait eu le courage de détruire les cornes coupées ou saisies depuis toutes ces années — comme le Kenya l’a fait en brûlant les défenses d’éléphant issues du braconnage — pour que l’on puisse croire un tant soit peu à une réelle volonté de sauver cette espèce ô combien menacée.

Au milieu de tout ça, il existe tout de même des personnes qui s’investissent coûte que coûte (dans tous les sens du terme) et tentent par tous les moyens de sauver des rhinocéros, jusqu’à mettre des gardes armés 24 heures sur 24 à leurs côtés…

J’en ai rencontrées.


ÉDITO SUIVANT : Tous les lions n’ont pas la chance d’être les rois du bush

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