Le « Grand Canyon » sud-africain

Jour 2 / Blyde River Canyon

6 août 2016

Après un petit-déjeuner en terrasse avec une vue trois étoiles sur les reliefs vallonnés du Drakensberg, nous repartons en voiture du lodge Misty Mountain pour suivre la Panorama Route. Celle-ci serpente dans le sud du Mpumalanga, dans une région sauvage et très peu peuplée. À cet endroit, les sommets du Drakensberg, grand escarpement qui traverse une partie de l’Afrique australe, dépassent les 2 000 m. Ils arrêtent les nuages venant de l’est, c’est ce qui explique la présence de nombreux torrents ainsi qu’une végétation plus abondante que celle du Kruger National Park, pourtant très proche. Le canyon fait la joie des randonneurs et des pêcheurs à la truite (si on prend garde aux hippopotames…).

Au bout de quelques kilomètres, Léa et moi remarquons qu’il y a un léger bruit qui semble provenir de l’arrière du véhicule, un genre de cliquetis… Pensant qu’il doit s’agir de la seconde banquette arrière qui est repliée et mal fixée ou d’une valise mal calée, nous n’y prêtons pas vraiment attention. Enthousiastes à la pensée de tous ces splendides paysages qui nous attendent et dont nous avons tant entendu parler, nous poursuivons notre route.

Carte Google

 

Pilgrim’s Rest

Nous faisons un stop au « village-musée » de Pilgrim’s Rest, ainsi nommé parce qu’un pèlerin (pilgrim) y a découvert un gisement d’or en 1873. L’endroit est authentique, un peu isolé mais avec beaucoup de charme. Il est devenu Monument national en 1986. Quelques maisons de style victorien sont réparties de part et d’autre de la rue principale, dont certaines abritent des petits musées ouverts à la visite. Cette halte est l’occasion de faire quelques emplettes (souvenirs et cartes postales).

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Cottage victorien.
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La poste de Pilgrim’s Rest.

God’s Window

Puis nous arrivons à God’s Window (littéralement Fenêtre de Dieu). Le panorama est à couper le souffle. C’est un endroit que j’avais hâte de voir, car c’est ici qu’a été tournée une scène célèbre, d’un film non moins célèbre. Si je vous parle d’un Bushman qui se rend « au bout du monde » pour y jeter une bouteille de soda responsable de tous les maux de son village, est-ce que ça vous évoque quelque-chose ? Les gens de ma génération sauront probablement qu’il s’agit du film culte Les dieux sont tombés sur la tête (The Gods Must Be Crazy).

Un sentier aménagé permet de se promener et prendre quelques photos depuis différents points de vue.

God's Window, Drakensberg, Afrique du Sud
God’s Window, le « bout du monde ».

 

 

Bourke’s Luck Potholes

Quelques kilomètres plus loin, au lieu où se rejoignent les rivière Blyde (Joie) et Treur (Peine), se trouvent les marmites de géants qui portèrent chance à Bourke, un prospecteur ayant trouvé de l’or. Il y a foule pour venir admirer ces cavités creusées dans la roche qui forment des piscines naturelles.

Nous ne nous attardons pas et repartons avec notre voiture de location, qui devient de plus en plus bruyante au fil des kilomètres…

Blyde River Canyon

Dernière halte de la journée, le paysage de carte postale dans toute sa splendeur, le spectaculaire canyon de la Blyde River. Il s’étend sur 26 km en longueur et mesure jusqu’à 800 m en profondeur. Malheureusement, ce n’est pas la meilleure heure pour y faire de belles photos, en raison de la luminosité et d’une légère brume qui plane. Au fond de la gorge, émerge le massif Pinnacle Rock. Toute la zone constitue une vaste réserve naturelle à la végétation dense (moins verte durant l’hiver austral), qui tranche avec celle du plateau sur lequel nous nous trouvons, beaucoup plus aride.

Blyde River Canyon, Drakensberg, Afrique du Sud
Plateau aride surplombant le canyon de la Blyde River.
Blyde River Canyon, Drakensberg, Afrique du Sud
Le Pinnacle émergeant du Blyde River Canyon.

Sur la droite de ce somptueux paysage, trois énormes dômes de roche dolomitique côte à côte — les Three Rondavels — attirent inévitablement le regard. Ils ressemblent à des cases rondes traditionnelles appelées rondavels en afrikaans.

The Three Rondavels, Blyde River Canyon, Afrique du Sud
The Three Rondavels.

Il est temps de rejoindre le Blyde River Canyon Lodge pour y prendre un repos bien mérité. Nous roulons, le bruit de casserole à l’arrière ne fait qu’empirer, ça devient inquiétant. À l’arrivée au lodge en fin d’après-midi, je m’aperçois que mon pot d’échappement traîne lamentablement derrière ma voiture… Nous ne sommes qu’au deuxième jour des vacances, il n’y a aucun garage aux alentours et le lendemain matin nous devons aller dans une réserve privée faire notre premier safari sud-africain. Tout baigne. En plus, nous sommes le 6 août, c’est l’anniversaire de Léa. Je suis quelque peu énervée car au lieu de profiter du moment et d’apprécier le calme du lodge, je passe une partie de la soirée au téléphone avec l’assistance Europcar (qui n’est pas à la hauteur), sans obtenir de solution rapide car nous sommes un samedi soir. Seul point positif, j’ai appris un nouveau mot de vocabulaire en anglais : « pot d’échappement » se dit exhaust pipe !


À SAVOIR

  • À Pilgrim’s Rest, lorsque vous vous garerez sur l’un des parkings, vous verrez quelques jeunes sud-africains qui se proposeront de garder votre voiture contre quelques pièces (tarif à votre appréciation). Cet usage n’a rien d’obligatoire, mais c’est pour eux un moyen de se faire un peu d’argent. Néanmoins, avant de partir vous promener dans le village, fixez clairement les règles et le tarif avec un seul d’entre-eux (sinon plusieurs vous réclameraient de l’argent à votre retour). Sachez également qu’ils laveront votre véhicule, sans vous l’avoir demandé auparavant (prestation non comprise dans le tarif !). Soyez ferme, car ces garçons vous demanderont probablement une somme exagérée pour le service rendu. Si vous n’êtes pas intéressé, dites-leur clairement.
  • Le mot potholes ne désigne pas uniquement les marmites de géants du canyon de la Blyde River. Vous aurez maintes fois l’occasion de le voir écrit sur des panneaux  au bord des routes car il signifie également « nids-de-poule ». En l’occurrence, dans la partie nord-est de l’Afrique du Sud que nous avons parcourue, l’expression
    « nids-d’autruche » aurait été plus appropriée !

POUR LIRE LA SUITE DU VOYAGE : Tshukudu, une réserve à taille humaine


ÉTAPE PRÉCÉDENTE : De retour en Afrique

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