Culture et faune à Mapungubwe

Jour 9 / Mapungubwe National Park

13 août 2016

Nous quittons la réserve privée de Karongwe tôt le matin, à regret, mais une longue route nous attend en direction du nord. N’ayant pas le temps de prendre le petit-déjeuner au Kuname River Lodge avant de partir, nos adorables hôtes nous apportent à la voiture un copieux pique-nique et nous saluent chaleureusement.

Il est temps de se replonger dans notre road book et dans la carte routière.

Nous roulons toute la matinée et suivons à la lettre les recommandations, à savoir faire impérativement le plein d’essence à Musina, dernière station-service avant le parc national de Mapungubwe qui se trouve à 80 km de là, et surtout avant la dernière étape de notre circuit car il n’y aura pas non plus de possibilité de faire le plein à la frontière du Botswana.

Après des kilomètres de route dans cette région très isolée, nous franchissons la porte du parc national en milieu de journée. Comme à Kruger, le check-in se fait à l’accueil. Seule différence (qui aurait dû nous mettre la puce à l’oreille), on nous donne d’ores et déjà la clé de notre bungalow réservé au Leokwe Restcamp. Je précise que notre repas du soir a été réservé en même temps que l’hébergement, comme on nous l’a conseillé à l’agence. Donc, nous partons l’esprit tranquille à la découverte du parc.

Mapungubwe National Park s’étend sur 28 000 hectares et a été classé en 1996. Outre sa faune et sa flore, il renferme un site archéologique de première importance qui lui a valu d’être inscrit au titre de « Paysage culturel » sur la liste du Patrimoine mondial de l’Unesco en 2003.

L’Interpretive Centre

Juste après l’entrée du parc prend place un étonnant musée à l’architecture originale, parfaitement intégrée à l’environnement, qu’on ne s’attend pas à trouver dans une région aussi reculée et aussi peu habitée. L’assemblage des pierres mis en œuvre pour la construction des murs et des couvertures arrondies a été réalisé grâce aux compétences de la population locale, que l’architecte Peter Rich a tenu à impliquer dans son projet. Le bâtiment a remporté le prix du World Architectural Building of the Year en 2009.

Mapungubwe Interpretive Centre, World Heritage, Limpopo South Africa

Mapungubwe Interpretive Center, World Heritage, Limpopo, South Africa
L’architecture de dômes de pierres de l’Interpretive Centre se fond dans le paysage.

Mapungubwe Interpretive Centre, World Heritage, Limpopo, South Africa

Mapungubwe Interpretive Centre, World Heritage Site, Limpopo, South Africa
https://www.afriquedusud-decouverte.com/ancien-mapungubwe/

Le musée sert d’écrin aux vestiges d’une ancienne civilisation découverts fortuitement sur la colline de grès de Mapungubwe par un petit groupe de fermiers afrikaners en décembre 1932. Par chance, contrairement à la plupart des sites archéologiques d’Afrique australe, celui-ci n’avait pas été pillé, permettant ainsi de l’étudier méthodiquement par diverses campagnes de fouilles.

Mapungubwe Hill, Limpopo, South Africa, World Heritage Site
Colline de Mapungubwe

Mapungubwe signifie « colline des chacals ». Le site, à la confluence du Limpopo et  de la Shashe, fut la toute première capitale du riche royaume des Shona. Il fut occupé entre 900 et 1300 après J.-C., jusqu’à ce qu’un changement climatique (baisse des précipitations après l’an 1300) ne permette plus aux habitants de pratiquer l’agriculture. La colline fut alors progressivement abandonnée par ses occupants et le siège du pouvoir se déplaça vers le nord pour fonder la cité de Great Zimbabwe.

De nombreux artefacts ont été  retrouvés dans les tombes du site de Mapungubwe (objets en or ou en ivoire, colliers de perles, poteries, fusaïoles, etc.). Le plus emblématique d’entre eux est une représentation d’un rhinocéros dont l’âme en bois, aujourd’hui disparue, était recouverte de feuilles d’or. Il est conservé au musée Mapungubwe de l’université de Pretoria pour des raisons de sécurité (réplique exposée à l’Interpretive Centre).

golden rhino, Mapungubwe, World Heritage Site, Limpopo, South Africa
Ce rhinocéros en or mesurant une quinzaine de centimètres a fait couler beaucoup d’encre. Sa valeur archéologique et culturelle est inestimable.

À la découverte du parc

Après la visite du musée, nous partons en safari avec notre véhicule sur les petites pistes du parc national. Celui-ci étant littéralement « au milieu de nulle part », il est peu fréquenté et nous roulons en ne croisant quasiment pas d’autres voitures. Rien à voir avec Kruger ! Le timing étant très serré, nous n’aurons pas la possibilité de faire la visite guidée du site archéologique au sommet de la colline. C’est dommage.

Nous avançons dans un paysage de savane couverte d’épineux, parsemée de grands baobabs et de rochers en grès. Nous croisons quelques girafes et des zèbres.

Mapungubwe National Park, Limpopo, South Africa

zebra, Mapungubwe National Park, Limpopo, South Africa

baobab, Mapungubwe National Park, Limpopo, South Africa

Il faut préciser qu’ici, la faune se déplace librement dans un vaste espace non clôturé à cheval sur l’Afrique du Sud, le Zimbabwe et le Botswana, franchissant à sa guise le fleuve Limpopo.

Nous faisons un stop au Confluence View Point où nous cheminons à pied sur les passerelles en bois aménagées pour profiter des divers points de vue sur la vallée du Limpopo.

confluence view point, Limpopo valley, Mapungubwe, South Africa
Le Limpopo au Confluence View Point
Confluence view point, Limpopo valley, Mapungubwe, South Africa
Le Limpopo et la Shashe aux frontières du Zimbabwe, du Botswana et de l’Afrique du Sud

Le soleil commence à descendre. Il est temps de rejoindre le Leokwe Restcamp qui se trouve en plein cœur du parc national. Tout près du lodge, je prends des photos d’un éléphant dont l’une des défenses est cassée. La fonction « noir et blanc contrasté » de mon hybride Nikon® est vraiment sympa !

À notre arrivée au restcamp, nous avons la surprise de ne pas y trouver de réception ni de restaurant. Les quelques bungalows, équipés d’une cuisine, sont en pleine nature et sont loués en self-catering (le point de ravitaillement le plus proche étant à 80 km de Mapungubwe, à Musina !). On ne capte aucun réseau avec nos portables. Léa et moi n’avons pas d’autre choix que de refaire les 11 km de pistes jusqu’à l’entrée du parc en espérant qu’il reste encore de quoi se nourrir à la buvette du musée (et qu’elle est encore ouverte…).

Nous y arrivons juste à temps pour avaler vite fait une maigre salade avant la fermeture, c’est tout ce qu’il reste. Il n’y a plus personne à part nous, la nuit est tombée. Comme dans tous les parcs nationaux, la conduite de nuit est interdite — il va pourtant bien falloir regagner le restcamp

Je roule au pas car l’obscurité est totale, les yeux rivés sur la piste à peine éclairée par les phares de la voiture. On n’a aucune visibilité sur les côtés ni derrière. Pourvu qu’on ne tombe pas sur des éléphants. Évidemment, dans la minute qui suit, au détour d’un virage, on se retrouve nez à nez avec un groupe d’éléphants ! Et comme toujours dans ce genre de situation, il y en a un au milieu qui nous barre la route et qui commence à montrer des signes d’énervement. J’essaie de reculer pour lui laisser plus d’espace mais je n’y vois absolument rien. Léa commence à paniquer à côté de moi. Il n’y a rien d’autre à faire qu’attendre que toute la troupe ait fini de manger et veuille bien se déplacer pour nous laisser le champ libre.

Nous atteignons enfin le restcamp, saines et sauves, et totalement épuisées par cette journée !


CONSEILS

  • D’où que vous veniez, la route est longue pour arriver à Mapungubwe tant ce parc national est excentré. Une nuit sur place ne suffit pas pour en faire le tour (musée, safaris et visite guidée du site archéologique). Donc prévoyez au minimum 2 nuits, plus si vous voulez prendre votre temps (marche accompagnée par un ranger, art rupestre, etc.). Il faut tenir compte également de la distance jusqu’à votre prochaine étape.
  • Vous l’aurez compris, quel que soit l’hébergement choisi dans le parc national, vous devez apporter avec vous l’eau et la nourriture (glacière à prévoir) suffisantes pour y séjourner. Il n’y a rien pour faire des courses ou le plein d’essence à moins de 80 km (Musina, ou éventuellement Alldays si on arrive par le sud). Ne comptez même pas acheter une carte postale sur place ! Et la buvette du musée, pompeusement appelée « restaurant », n’est pas plus approvisionnée.
  • Autres infos pratiques : aucun réseau pour les téléphones mobiles (on est réellement livré à soi-même dans le parc) ; prévoir des espèces (pas de distributeur) ; un véhicule 4×4 est fortement recommandé, car les pistes sont étroites et parfois raides, en particulier pour accéder au Leokwe Restcamp, a fortiori de nuit !

ÉTAPE PRÉCÉDENTE : Safari Big Five à Karongwe

 

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