J’ai adopté un éléphant !

Je vous présente Sattao. C’est un adorable pensionnaire de l’orphelinat de Nairobi appartenant au David Sheldrick Wildlife Trust (DSWT).

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© David Sheldrick Wildlife Trust. Sattao arborant fièrement sa couverture colorée (6 juin 2017).

Bon d’accord, je ne suis pas exactement une mère adoptive mais plutôt une marraine, ce qui me permettra de suivre sur plusieurs années la vie et les progrès de ce petit éléphanteau, choyé et dorloté par les formidables et infatigables soigneurs de cet orphelinat mondialement réputé pour son travail de sauvetage et de réhabilitation de la faune au Kenya.

Pourquoi ce choix ?

J’avais envie de m’impliquer dans la sauvegarde d’une espèce menacée en Afrique. Choisir de quelle manière n’a pas été simple, dans la mesure où il y a — malheureusement — l’embarras du choix en matière d’espèces menacées, mais également en matière de fondations, associations et ONG diverses qui tentent de protéger lesdites espèces…

Par ailleurs, n’étant pas physiquement sur place, je voulais que cette participation soit concrète afin que je puisse apprécier, autant que possible, son utilité.

Il y a quelques jours, j’ai lu dans les réseaux sociaux que le David Sheldrick Wildlife Trust, que je connaissais depuis longtemps pour avoir voyagé au Kenya et dont la réputation n’est plus à faire, fêtait cette année ses quarante ans d’existence. Je connaissais évidemment l’orphelinat de Nairobi et j’ai eu l’occasion d’apprécier le travail qui y était réalisé au travers de reportages ou documentaires montrant comment des éléphanteaux sauvés in extremis d’une mort certaine, arrivant à l’orphelinat traumatisés et dans un état grave, parvenaient à force d’amour et de soins à s’en sortir, à reprendre goût à la vie, à grandir et finalement retrouver le chemin de la liberté dans le parc national de Tsavo.

Le parrainage d’un de ces attendrissants petits orphelins m’est donc apparu comme une évidence. J’allais pouvoir aider, à ma manière, un bébé éléphant privé de sa mère (le plus souvent tuée par des braconniers) à survivre dans les meilleures conditions possibles jusqu’à ce qu’il soit autonome et rendu au milieu naturel qu’il n’aurait jamais dû quitter.

Le sauvetage de Sattao

L’histoire de Sattao est similaire à celle de tous les autres éléphanteaux recueillis à l’orphelinat de Nairobi. Elle est devenue d’une terrible banalité et constitue le quotidien des équipes du DSWT.

Le 18 mars de cette année, le signalement d’un bébé éléphant blessé, très amaigri et errant seul dans le parc national de Tsavo Est a été fait au Kenya Wildlife Service (KWS) par des visiteurs. Aussitôt l’unité vétérinaire mobile ainsi qu’une équipe antibraconnage du DSWT ont été dépêchées dans la zone concernée. Rapidement localisé grâce aux moyens mis en œuvre, l’éléphanteau âgé de 3 ou 4 mois avait miraculeusement échappé aux lions mais avait de sérieuses blessures aux pattes arrière, probablement faites par des chacals, en plus d’une sévère déshydratation.

Les très jeunes éléphants qui perdent leur mère alors qu’ils ne sont pas encore sevrés ni en âge de se débrouiller sans elle n’ont que très peu de chances de survivre dans la savane. Même s’ils restent un temps avec le troupeau, ils finissent par être abandonnés en cours de route car trop faibles pour le suivre. C’est probablement ce qui s’est passé avec Sattao.

L’équipe de secours a tout d’abord transporté l’éléphanteau dans un 4×4 jusqu’à Voi où se trouve un centre de réhabilitation du DSWT. Il y a passé la nuit, avec un gardien à ses côtés, après avoir été nourri avec du lait et des sels de réhydratation. Le lendemain, une équipe de soigneurs de Nairobi s’est rendue sur place pour organiser le transfert de Sattao en avion jusqu’à l’orphelinat.

Reprendre des forces et retrouver la joie de vivre

Les premières semaines à l’orphelinat ont été difficiles pour Sattao en raison de l’état squelettique dans lequel il était et de la douleur due à ses blessures. De même que les autres pensionnaires à leur arrivée, il a reçu des soins intensifs et une attention de chaque instant. D’un caractère tranquille, il s’est accroché à la vie et petit à petit a repris des forces, en partie grâce à l’entourage de ses congénères et notamment à Luggard, son meilleur ami plus âgé d’un an.

Le succès de ce sauvetage à long terme s’explique également par le lien très fort qui existe dans cet orphelinat entre les petits protégés et leurs soigneurs, ceux-ci faisant office de mère de substitution, jour et nuit, allant jusqu’à dormir avec eux dans les box pour les rassurer et simuler ainsi la présence indispensable d’une mère.

La compagnie sécurisante et bienveillante des aînées — les éléphantes de l’orphelinat plus âgées ayant elles-mêmes subi des traumatismes — est primordiale, car elles servent de guide aux nouveaux arrivants et facilitent ainsi la guérison. C’est ce qui s’est passé pour Sattao.

Après avoir traversé ces épreuves, Sattao est maintenant bien intégré au groupe des orphelins et participe aux activités avec eux (jeux, promenades, bains de boue et clowneries en tout genre !). En tant que marraine, je vais pouvoir suivre l’évolution de cet éléphanteau durant au moins les trois années à venir, au travers du récit mensuel des soigneurs. Ce qui rend ce parrainage d’autant plus réel.

Le prénom de Sattao n’a pas été choisi au hasard. Il a été ainsi baptisé car il a été retrouvé dans la partie du parc national de Tsavo d’où étaient originaires les célèbres Satao et Satao II (avec une seul « t »), les deux éléphants aux défenses géantes (Big Tuskers). L’équipe du DSWT se plaît à penser que l’éléphanteau si fragile qu’ils ont sauvé porte peut-être en lui les gênes d’un Big Tusker…

Je lui souhaite une belle et longue vie.


Des nouvelles de Sattao

8 septembre 2017

À neuf mois, Sattao s’entend bien avec ses camarades et reçoit toute l’attention des éléphantes plus âgées et des soigneurs.

15 septembre 2017

Une vidéo de Sattao postée en septembre sur Twitter le montre en train de « trompeter » après un autre pensionnaire de l’orphelinat (un phacochère) qui essaie de manger ses granulés de luzerne. Il est trop craquant et a l’air en pleine forme !

20 octobre 2017

Dans son box, Sattao tente de reprendre encore son biberon avec la trompe mais il tombe de sommeil et a du mal à garder les yeux ouverts.

12 décembre 2017

Tagwa est une future matriarche dans l’âme. Elle aime tous les plus petits éléphanteaux de l’orphelinat et en particulier Sattao. Un matin, alors qu’un groupe d’orphelins avait franchi un ruisseau, Sattao s’est retrouvé seul car il avait peur de traverser. Tagwa est venue à sa rescousse et l’a encouragé pour qu’il puisse rejoindre ses copains. À l’arrivée, Sattao était tout content et Tagwa très fière du devoir accompli.

Matriarch-in-the-making Tagwa loves all the babies, but Sattao has a special place in her heart. While out and about one morning, the Nursery herd came upon a stream. Sattao’s friends crossed to the other side with little fanfare but he was too scared to do the same, leaving the little bull very frustrated. Tagwa heard her charge’s cries and rushed over escort him through the water, offering gentle nudges of encouragement the entire way. When they got to the other side, Sattao gleefully rejoined his friends and Tagwa could be seen trumpeting with delight at the sight, just like a proud parent! • To foster Tagwa, click the link in our bio or visit: www.thedswt.org/tagwa • • • Photo © David Sheldrick Wildlife Trust  #DSWT #Tagwa #TagwaDSWT #Sattao #SattaoDSWT #elephants #whyilovekenya #kenya #nairobi #dswtnursery #africa #magicalkenya #savetheelephants #nairobinationalpark #saynotopoaching #racingextinction #jointheherd #DSWTat40 #worthmorealive #ivorybelongstoelephants #bekindtoelephants

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POUR PARRAINER UN ORPHELIN DU DAVID SHELDRICK WILDLIFE TRUST :

 

8 commentaires

  1. Félicitation La Girafe ! Sattao est magnifique. DSWT est un excellent choix. Comme toi je suis parrain, mais mon cœur penchant pour l’Afrique de l’Ouest, j’ai adopté une gorille du parc de la Mefou au Cameroun via Ape Action Africa (AAA). Ton excellent article sur l’orphelinat de Nairobi touche à deux sujets qui me passionnent et qui font débat actuellement. Le 1er est le « naming » c.a.d le fait de donner un nom à des animaux sauvages. Personnellement je suis pour mais d’importants conservateurs sont absolument contre avec des arguments solides. Le second est le « Wildlife management » cad l’intervention humaine en milieu sauvage. Pour cela aussi je suis personnellement pour. Mais des biologistes renommés et respectés sont contre toutes interventions en milieu sauvage avec là aussi des justifications intéressantes. Mais bon, tout cela est de la palabre. Alors, longue vie à Sattao, en espérant le voir un jour marcher paisiblement dans la brousse Kenyane avec deux défenses de 50kg de chaque coté de la trompe comme ses aînés.

    Aimé par 1 personne

    1. C’est super que tu sois aussi parrain. J’espère que tu peux également suivre à distance ton protégé. Cela donne le sentiment de faire quelque chose d’utile…
      Les biologistes renommés dont tu parles peuvent toujours gesticuler derrière leur bureau ou se faire mousser dans leurs publications ou dans des colloques (et je sais de quoi je parle), c’est l’action qui compte et chaque animal sauvage sauvé est une petite victoire, surtout quand le but final est sa réintroduction dans la nature comme s’y emploie le DSWT. Ces animaux sont considérés et traités comme des objets, des entités inférieures, par les braconniers et les autres destructeurs de la faune sauvage. Je pense que le moins qu’on puisse faire lorsqu’on les recueille ou qu’on les étudie est de leur témoigner le même respect qu’à n’importe quel être humain. Les animaux sont nos égaux. Ils sont même supérieurs à l’homme à bien des égards. Comme chez l’homme, chaque individu a une personnalité. Je pense au contraire que c’est leur témoigner du respect que de leur attribuer un nom, qui de toute façon n’est en soi qu’un « code » permettant de distinguer un individu d’un autre. C’est toujours mieux qu’un numéro.

      Aimé par 1 personne

      1. Etant d’accord avec toi, je ne vais pas entamé un débat 😉 mais les arguments des conservateurs défavorables au naming et au wildlife management sont aussi respectables. C’est juste un choix, Je ferai un article sur cela un de ses jours.

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