Leshiba, un écrin d’art et de nature

Jour 12 / Leshiba Wilderness

16 août 2016

Nous repartons de Mashatu avec de beaux souvenirs, en nous disant qu’il aurait fallu y rester au moins deux jours de plus pour pouvoir en apprécier pleinement toutes les merveilles. Et ce sentiment est partagé par toutes les personnes qui sont passées par cette réserve privée du Botswana, à en juger par les commentaires sur les réseaux sociaux.

Un ranger nous ramène au poste frontière de Pont Drift où nous attend un nouveau véhicule (une petite berline avec coffre et boîte manuelle…), suite à l’échange laborieusement obtenu du loueur Europcar. La voiture, bien que ne correspondant pas au modèle que nous avions loué au départ, semble en meilleur état que la précédente.

Il nous faudra plus de temps que les 2 heures et demie indiquées par Google Maps pour rallier notre prochaine et dernière étape, Leshiba, en tenant compte du trajet en 4×4 pour sortir de la réserve, des formalités douanières pour entrer à nouveau en Afrique du Sud, et enfin d’un autre transfert en véhicule tout-terrain pour accéder au Venda Village Lodge.

Un chemin très rocailleux parsemé d’ornières (à ne surtout pas emprunter avec une berline basse de caisse comme celle que je conduis depuis notre départ ce matin…) mène au point de rendez-vous au pied de la montagne où se situe la réserve. Après, c’est une piste étroite et très raide sur laquelle seul un 4×4 peut circuler. Bref, c’est une réserve qui se mérite !

Une réserve confidentielle

Leshiba Wilderness est une petite réserve privée de 2 600 hectares, lovée dans un plateau au cœur du Soutpansberg (province du Limpopo). Ce massif montagneux fait partie de la réserve de biosphère de Vhembe, inscrite sur la liste du Patrimoine mondial de l’Unesco en 2009.

Cet espace naturel préservé grâce aux reliefs alentour doit sa biodiversité — l’une des plus riches du pays — à un micro-climat relativement humide qui se manifeste par une atmosphère souvent brumeuse. On y trouve, entre autres, plus de 335 espèces d’arbres dont certaines endémiques, ainsi qu’une grande variété d’oiseaux.

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Brumes sur le Soutpansberg (www.leshiba.co.za).

Nous sommes en pays venda. Les Vendas sont un peuple bantou anciennement métissé avec des marchands arabes, arrivé dans la région au XVIIIe siècle (ancien bantoustan venda du Transvaal, État indépendant non reconnu de 1979 à 1994 dans le cadre du régime d’apartheid). La langue venda est aujourd’hui une des langues officielles de l’Afrique du Sud ; elle est parlée par plus d’un million de personnes, dont 10 % environ vivant au Zimbabwe. Les villages traditionnels sont composés de huttes rondes en terre couvertes d’un toit de chaume. La poterie et la sculpture sur bois sont une composante majeure de la culture venda, tout comme le travail de la forge.

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Les abords du Venda Village Lodge.

Outre le Venda Village Lodge, la réserve de Leshiba propose également deux autres hébergements de petite capacité : le Hamasha Bush Camp, pouvant accueillir 8 personnes en self-catering, et le Luvhondo, au style architectural proche de celui du Venda Village mais plus simple en terme de confort, idéal pour loger de petits groupes de 16 à 28 personnes (retraites, séminaires, ateliers, fêtes, etc.).

Noria Mabasa

John Rosmarin a fait l’acquisition de Leshiba Wilderness en 1993, suite à sa rencontre avec un groupe d’artistes vendas, dont Noria Mabasa, de renommée internationale. Dès lors, il crée une fondation visant à promouvoir divers projets en partenariat avec les communautés locales (art, centre de formation à la sculpture, éducation, promotion des savoirs traditionnels, développement socio-économique durable).

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John Rosmarin en compagnie de Noria Mabasa (https://www.leshiba.co.za/leshiba-wilderness/the-leshiba-community-development-trust/)

Noria Mabasa est née en 1938 à Xigalo dans la province du Limpopo. Ses œuvres, qu’elles soient façonnées dans l’argile (son medium favori), sculptées dans le bois ou peintes, s’inspirent de la mythologie et de la spiritualité vendas mais également de scènes de la vie quotidienne ou de cérémonies traditionnelles.

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Noria Mabasa au travail.

Son intérêt pour la sculpture et sa créativité ont pour origine des rêves et des visions qu’elle aurait eus dès l’âge de 14 ans. Au cours de son tout premier rêve, une vieille femme lui aurait montré comment travailler l’argile.

Elle est principalement exposée en Afrique du Sud, aux Pays-Bas, en Belgique et aux États-Unis. Une galerie présentant une grande collection de ses œuvres a récemment ouvert ses portes aux abords du Venda Village.

Découverte et game drive

Durant la montée jusqu’à la réserve, on réalise à quel point cet endroit est différent de tout ce que nous avons pu voir depuis le début de notre voyage. Le paysage, la végétation, le climat, l’ambiance… rien ne ressemble à ce qui était encore un environnement familier quelques heures plus tôt. Sans parler du lodge, qui est un enchantement à lui seul (voir  The Venda Village Lodge).

Le chauffeur qui nous a conduites jusqu’au lodge nous installe dans la hutte ronde baptisée Mbeki et nous donne rendez-vous pour le game drive de l’après-midi. Un jeune couple de Hollandais nous accompagnera ; nous ne serons que quatre clients au Venda Village durant ces deux jours (pour une capacité totale de 9 personnes). Autant dire que le safari va être tranquille !

Leshiba Wilderness, private reserve, Soutpansberg, South Africa

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Leshiba Wilderness, côté nature.

La réserve abrite une faune composée de girafes, gnous, antilopes, rhinocéros blancs, zèbres, phacochères, babouins — que nous observerons — et d’autres animaux plus discrets tels que le léopard, le porc-épic, le pangolin, la hyène, la civette, etc.

Ce petit safari jusqu’à la tombée de la nuit sera ponctué d’une halte au Hamasha Bush Camp, alors inoccupé, pour un petit apéritif autour d’un feu de camp. Nous profiterons du calme, et même du silence enveloppant cet écrin de nature sauvage, en ne pouvant nous empêcher de songer que la fin de ces merveilleuses vacances approche.

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La nuit tombe sur Leshiba.

Jour 13

17 août 2016

Promenade et peintures rupestres

Au programme de la matinée, une marche dans la réserve accompagnée par Peter, notre guide, au cours de laquelle nous reverrons les gnous et antilopes de la veille de même que les deux familles de rhinocéros blancs. Excepté deux rangers, il n’y a personne d’autre que nous dans cette partie de la réserve. Quel privilège !

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Les impalas sont sur le qui-vive.

Après une petite ascension dans les buissons, nous arrivons à un abri-sous-roche où quelques peintures rupestres sont encore visibles. D’autres sont malheureusement en partie effacées car exposées aux intempéries. Il s’agit d’un des sept sites de Leshiba où l’on peut voir des vestiges de peintures réalisées par les Bushmen (San) il y a entre 200 et 2 000 ans.

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L’abri-sous-roche, site archéologique san.
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Paroi peinte dans l’abri-sous-roche.
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Figuration de chasseurs bushmen.

Sur le chemin du retour au lodge, notre petit groupe est surpris par le rugissement d’un léopard provenant d’un buisson, non loin duquel nous marchons. Notre guide n’est pas armé et a légèrement sursauté, comme nous. Nous ne nous attarderons pas…

Après un peu de farniente sur la terrasse, d’où l’on peut profiter à loisir d’un superbe panorama sur la plaine et le trou d’eau où les rhinos viennent boire, nous repartons pour une balade à pied, toutes seules cette fois. Leshiba est en effet une réserve qui offre à ses hôtes cette rare possibilité d’évoluer en totale liberté au milieu de la nature et de la faune, sans être accompagné d’un guide. Plusieurs circuits sont proposés, plus ou moins longs (se munir impérativement du plan sommaire des sentiers disponible au lodge, d’eau et de chaussures de randonnée). Sensations garanties ! Nous sommes une nouvelle fois passées près d’un léopard, tout aussi explicite que celui de la matinée…

Ce seront nos dernières aventures en Afrique du Sud. Nous repartirons le lendemain en voiture pour l’aéroport international de Johannesburg. Léa et moi avons été conquises par ce premier voyage en Afrique australe. Quelques jours seulement après notre retour en France, nous avons commencé à planifier nos vacances de l’été 2017 — en Afrique bien sûr !


PHOTO DE UNE


QUELQUES SOURCES NORIA MABASA


ÉTAPE PRÉCÉDENTE : Mashatu, la Terre de Géants #2


 

4 commentaires

  1. Un très beau carnet pour un magnifique séjour. Vivement le prochain !. Te souhaitant pour l’avenir de nombreux et beaux voyages comme celui-ci sur ce continent fascinant. Bises. BUD

    Aimé par 1 personne

    1. Merci Bud. Après un voyage comme celui-ci, on devient vite addict à l’Afrique et aux safaris. Je ne me lasse pas de regarder cette faune sauvage si belle et je dois bien avouer que j’envie ceux qui ont la chance de vivre quotidiennement à son contact. Qu’est-ce que j’aimerais avoir la savane comme bureau !

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