Une histoire d’amour africaine, par Daphné Sheldrick

« Une fois les braises réduites à quelques rougeoiements chatoyants, les inhibitions se dissipèrent et nos regards cherchaient à se deviner. David me raccompagna à ma tente en me prenant vaguement par la taille, puis il fit mine de s’éloigner, mais l’instant d’après ses lèvres se pressaient contre les miennes, embrassaient mes cheveux, mes paupières, s’engouffraient dans mon cou, avant de m’inviter dans un murmure à succomber à la tentation qui nous dévorait sous la lumière froide et jaune de la lune du Tsavo. Je sus cette nuit-là que j’aimais cet homme pour toujours. »

Daphne Sheldrick, An African Love Story, biographie, éléphants, DSWTL’écriture de cette biographie a pour origine un épisode dramatique de la vie de Daphné Sheldrick. En 1994, alors qu’elle était partie dans le parc du Tsavo avec un ami à la rencontre d’Eleanor, une éléphante orpheline recueillie en 1961 et retournée dans la nature après avoir été la matriarche d’autres orphelins pendant quelques années, Daphné échappe de peu à la mort : croyant qu’il s’agit d’Eleanor, pour qui elle a beaucoup d’affection, elle caresse une autre éléphante qui subitement la soulève et la jette sur des rochers à quelques mètres de là. Daphné croit sa dernière heure arrivée lorsque le pachyderme, qu’elle nommera plus tard Catherine, s’approche d’elle pour finalement l’épargner et l’aider à se relever comme elle l’aurait fait avec son éléphanteau. Mais le mal est fait, Daphné est grièvement blessée. Après quinze mois de douloureuses opérations et de soins, elle ne s’en remettra jamais totalement. Néanmoins, son amour des éléphants reste intact. Elle réalise à quel point il est nécessaire de transmettre ce qu’elle a appris sur eux et leurs comportements, une façon de payer sa dette en quelque sorte. C’est ce qui l’incitera à rédiger ses mémoires.

Épopée familiale, enfance et naissance d’une passion pour les animaux

En 1907, Will, le grand-oncle de Daphné originaire d’Écosse et ayant émigré en Afrique du Sud, fait partie d’un groupe de colons envoyés au Kenya pour y exploiter des terres allouées par le gouvernement anglais. C’est une véritable expédition qui durera plusieurs mois — digne de celles racontées dans les westerns — avec troupeaux, femmes et enfants, un voyage en bateau, train et chariots, qui mènera les membres de la famille jusque dans la vallée du Rift. Parmi eux se trouve Bryan, un enfant âgé de sept ans qui deviendra plus tard le père de Daphné. Ces colons découvrent alors une région où la faune est aussi abondante que dangereuse. Les conditions de vie sont difficiles.

Après la Première Guerre mondiale, une nouvelle vague de colons arrivent au Kenya. Bryan, devenu adulte, s’installe dans une ferme à Gilgil à une soixantaine de kilomètres au nord-ouest de Nairobi. Entre autres affaires, il organise des safaris (de chasse à l’époque). Lors d’un séjour en Afrique du Sud, il rencontre Marjorie. Il lui fait découvrir le Kenya et l’épouse deux ans plus tard. De cette union naîtra Peter en 1930, puis Sheila dix-huit mois plus tard. Daphné voit le jour en juin 1934, quatre ans avant sa petite sœur Berry.

L’enfance de Daphné, dont le quotidien est fait de promenades et de jeux dans la nature, de splendides paysages et d’une multitude d’animaux de toutes sortes, sera déterminante. Dès le plus jeune âge, sa passion pour le Kenya en général et pour la faune en particulier se forge. Elle n’a que quatre ans lorsqu’on lui confie la tâche de s’occuper d’un bébé bushbuck orphelin, nommé Bushy, qui la laissera très triste le jour où il disparaîtra pour retourner à la vie sauvage. Bien qu’elle ne le sache pas encore à l’époque, ce sera sa première expérience réussie de réhabilitation et le fondement d’un principe qu’elle appliquera tout au long de sa vie, selon lequel on ne doit élever un animal orphelin que dans le but ultime qu’il devienne indépendant et retourne vivre parmi les siens.

Jeunesse et histoire tourmentée du Kenya

Daphné a cinq ans lorsque la Seconde Guerre mondiale éclate. Malgré son jeune âge, elle perçoit la gravité de la situation. Son père se voit confier la tâche ingrate de chasser des milliers de zèbres, gnous et autres animaux pour nourrir les troupes sur le front d’Abyssinie ainsi que les prisonniers de guerre, mission qu’en tant qu’amoureux de la nature il accomplira à contrecœur.

À six ans elle rejoint son frère et ses sœurs au pensionnat à Nakura. Ses meilleurs souvenirs de cette époque sont ceux des vacances passées dans un camp de brousse à Selengai dans lequel son père fabriquait du biltong. Elle y côtoie les Masaïs et s’occupe d’un bébé zèbre orphelin qui sera ensuite ramené à la ferme. La fin de la guerre coïncide avec une terrible sécheresse qui décime la faune sauvage et le bétail.

À treize ans, Daphné intègre un lycée pour filles à Nairobi. Elle obtiendra plus tard une bourse universitaire mais renonce à des études supérieures en Angleterre pour suivre une formation de secrétariat. Elle se fiance à dix-sept ans avec Bill Woodley, son amour de lycée devenu l’assistant du directeur du parc national de Tsavo : le major David Sheldrick. Ce dernier, marié et père de deux enfants, respecté pour son passé militaire et sa haute connaissance de la faune, est en charge d’un projet titanesque : transformer les terres sauvages et inexploitées de Tsavo (désert de Taru) en parc national.

Bill Woodley, Kenya, Tsavo National Park
Bill Woodley.

Les années cinquante sont une période tourmentée pour le Kenya. À partir de 1952, les Mau-Mau, un groupe clandestin issu des tribus kikuyus, tente de chasser les Européens du pays en perpétrant des raids meurtriers sur les colons. Les grands-parents de Daphné en seront victimes, échappant de peu à la mort. En octobre, l’état d’urgence est déclaré et Jomo Kenyatta, indépendantiste considéré à tort comme un leader de la révolte, est emprisonné par les Britanniques. Daphné se sent écartelée entre des origines et des racines qu’elle ne reniera jamais et un profond sentiment d’appartenance au Kenya, son pays natal qu’elle adore.

Dans un climat de tension qui perdure, Daphné et Bill se marient à Naivasha en juin 1953. Elle tombe enceinte l’année suivant de sa fille Gillian (Jill) et connaîtra un apprentissage difficile du rôle de jeune maman.

Tsavo, terre où le destin s’accomplit

La fin de l’état d’urgence au milieu des années cinquante marque un tournant dans la vie de Daphné. Elle et Bill partent s’installer près de Voi dans le parc national de Tsavo, où David Sheldrick a son quartier général. Daphné ne l’avait rencontré qu’une seule fois auparavant, lorsqu’elle avait dix-sept ans. Il s’est entretemps séparé de sa femme.

Les braconniers sévissent déjà dans le parc national à cette époque et David recueille des animaux orphelins, notamment deux éléphanteaux — Samson et Fatuma — dont Daphné s’occupera avec attention en plus de ses activités de maîtresse de maison, mère, secrétaire et assistante de David Sheldrick.

Daphné aime sa vie à Tsavo et apprend beaucoup de David sur la protection de la faune. Elle admire sa compassion pour les animaux, malgré son ancien métier de chasseur professionnel. Ce dernier forme lui-même les gardes-forestiers du parc pour endiguer le braconnage des éléphants et des rhinocéros, qui deviendront la Field Force itinérante, puis la Voi Force.

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© David Sheldrick Wildlife Trust – Campement de Ndiandaza en 1957. Assise à côté de la petite Jill, Daphné regarde David… (http://www.dailymail.co.uk/news/article-2111851/Daphne-Sheldrick-rescued-orphan-elephants-let-antelopes-share-bed.html).

Mais petit à petit, le couple Woodley bat de l’aile. Trop souvent absent et peu concerné par son foyer, Bill n’est pas le mari que Daphné espérait. Son plaisir de la chasse, entre autres, passe en priorité sur sa vie de famille, ce qui devient de moins en moins compatible avec l’intérêt que Daphné a pour la conservation. Ainsi délaissée, et passant de plus en plus de temps avec David, elle réalise qu’elle en est tombée amoureuse. Alors que Bill doit être muté à Nyeri pour s’occuper des parcs nationaux d’Aberdare et du mont Kenya, Daphné rompt avec lui. Ils resteront bons amis.

Au cours d’un de leurs safaris dans le parc de Tsavo, David et Daphné finissent par succomber à la tentation. Elle sait à ce moment-là qu’il est l’homme de sa vie, son âme sœur et qu’elle l’aimera pour toujours.

À la fin de l’année 1958, Daphné quitte à contrecœur David et Tsavo pour s’installer à Nairobi où elle entame une procédure de divorce. Celui-ci ne sera prononcé qu’un an plus tard. Après une longue attente, elle peut enfin retrouver David à Voi, où leur mariage sera célébré le 20 octobre 1960.

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© David Sheldrick Wildlife Trust – David et Daphné, tel un couple de cinéma (https://www.pinterest.fr/pin/560064903636737190/).

Amour, orphelins et braconnage

Après l’intense sécheresse qui a sévi à Tsavo durant l’année 1960, faisant notamment une hécatombe parmi les rhinocéros et les éléphants, les orphelins sont de plus en plus nombreux à être recueillis à Voi, mais certains ne survivent pas. En 1961, David entreprend de gros travaux d’irrigation dans le parc national afin de pallier au manque d’eau pour les animaux.

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© David Sheldrick Wildlife Trust – David Sheldrick avec Eleanor et Rufus (http://www.newyorksocialdiary.com/travel/2016/safari-part-2-the-david-sheldrick-wildlife-trust-elephant-haven).

Jill ayant été envoyée au pensionnat non loin de chez son père Bill, également remarié, Daphné accompagne David au cours de son projet en brousse, vivant dans des campements durant des mois. À leur retour au QG du parc, un enclos est construit pour les orphelins qui forment désormais une troupe, faisant déjà à l’époque le bonheur des visiteurs.

Le second enfant de Daphné, Angela Mara, naît en juillet 1963. Le 12 décembre de la même année, le Kenya accède à l’indépendance. Jomo Kenyatta devient son premier président.

Durant les années qui suivent, David, avec Daphné à ses côtés, poursuit son travail de conservation à Tsavo : recensement aérien des éléphants (il a passé son brevet de pilote), étude de leur impact sur la végétation du parc, pose de colliers émetteurs, observation des modes de communication des éléphants, lutte contre le braconnage, formation des gardes, etc.

En 1970, une grave sécheresse décime à nouveau la faune et les populations d’éléphants à Tsavo, provoquant un afflux d’orphelins à Voi. Par ailleurs, une vague de braconnage sans précédent, dopée par l’augmentation du prix de l’ivoire, fera disparaître la moitié des éléphants du pays entre 1970 et 1977 (20 000 durant les seules années 1972 et 1973).

Daphné se bat jour et nuit pour sauver les éléphanteaux orphelins, usant de subterfuges et s’appuyant sur Eleanor, une orpheline plus âgée qui sert de matriarche aux plus jeunes. Mais le lait dont elle dispose à l’époque ne convient pas aux très jeunes éléphants dénutris, qui meurent malgré tous les soins prodigués (intolérance aux matières grasses du lait de vache).

Toutes les formules de lait que Daphné a essayées précédemment ont été soigneusement notées. Un jour, elle tente une énième formule sur une très jeune orpheline qui a été secourue au fond d’un puits. La recette à base d’huile de noix de coco, substitut le plus proche de la graisse du lait d’éléphante, fonctionne enfin. Cette victoire, associée à la mise en place d’un cadre sécurisant inspiré du contact rassurant de leur mère, permettra par la suite de sauver de très nombreux éléphanteaux.

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© David Sheldrick Wildlife Trust – Daphné administrant un biberon de lait dont la formule est tolérée par les jeunes éléphants orphelins (https://redflag.org/magazine/issue-8/great-dame/).

Les jours sombres

Jusqu’alors, les parcs nationaux du Kenya étaient gérés par un conseil d’administration indépendant avec pour mandat de veiller à ce que l’intervention politique ne nuise pas à la faune, mais en 1976 la fusion des Parcs nationaux avec le département national du Gibier marque le début d’une période tragique pour les animaux, et pour le couple Sheldrick.

La nouvelle administration oblige David à quitter son poste pour le muter au parc national de Nairobi, d’où il supervisera toutes les réserves et les parcs nationaux du pays. Cela signifie abandonner le travail de toute une vie à Tsavo — trente années — et laisser les éléphants et les rhinocéros aux braconniers. C’est un déchirement pour lui et Daphné, contrainte également d’abandonner les orphelins. Ils partent la mort dans l’âme après des adieux déchirants à Eleanor et aux autres éléphants.

Ils prennent possession de leur maison dans le parc national de Nairobi en décembre 1976. David, très pris par ses nouvelles fonctions, commence à avoir des signes avant-coureurs de problèmes cardiaques mais il cache la vérité sur sa santé à Daphné.

Un jour de juin 1977, lors d’un bivouac en revenant d’un voyage au lac Bogoria, pris de violentes douleurs, David avoue à Daphné avoir une « légère angine de poitrine ». À leur arrivée à Nairobi son état s’est aggravé mais il refuse de voir un médecin. Il mourra d’une attaque dans la nuit, laissant Daphné dévastée. David Sheldrick avait cinquante-sept ans.

Poursuivre le combat

Malgré un immense chagrin, Daphné se jure de faire de son mieux pour poursuivre l’œuvre de David. Les éléphants lui ont enseigné cette persévérance, cette force d’aller de l’avant coûte que coûte, cette philosophie qui donne la priorité aux vivants, à ceux qui restent.

Elle commence par écrire des articles sur la faune sauvage afin de transmettre ce qu’elle a appris grâce à David et obtient l’autorisation de construire une maison dans le parc national de Nairobi. Avec des membres de son entourage, elle lance un fonds de soutien à des projets de protection de la nature (David Sheldrick Memorial Appeal).

Aidée par l’ONG Care for the Wild International, Daphnée met progressivement en place à son domicile des enclos et l’infrastructure nécessaires pour accueillir des éléphants orphelins, toujours plus nombreux. Elle s’inspire de son modèle basé sur le parrainage d’un orphelin en particulier dont des nouvelles sont régulièrement communiquées au donateur. Olmeg sera le premier éléphanteau à être hébergé dans l’orphelinat, qui servira également de pouponnière à des rhinocéros, des antilopes, etc.

En 1987, le David Sheldrick Memorial Appeal devient le David Sheldrick Wildlife Trust, dont Daphné sera la présidente.

Les années passent au rythme des orphelins sauvés, des événements heureux (Daphné devient grand-mère pour la première fois en février 1992) ou malheureux (accident de Daphné à Tsavo en 1994, décès de Bill Woodley en 1995). La fondation ne cesse de croître pour devenir ce qu’elle est aujourd’hui, une organisation mondialement connue dont les actions, les programmes de réhabilitation (voir article ICI) et les résultats sont incontestables et servent de modèle à d’autres défenseurs de la faune africaine.

Daphne Sheldrick, DSWT, Nairobi orphanage, Kenya
© Michael Nichols – Daphne Sheldrick faisant sa tournée du soir à l’orphelinat (http://ngm.nationalgeographic.com/2011/09/orphan-elephants/nichols-photography#/05-daphne-sheldrick-nursery-founder-670.jpg).
Daphne Sheldrick, Kamok, DSWT, Nairobi orphanage, Kenya
© David Sheldrick Wildlife Trust – Daphné et Kamok, en 2013.

Angela Sheldrick, la fille de Daphné et David qui a grandi au milieu des orphelins sauvés par ses parents, a longtemps secondé sa mère à la tête de la fondation avant d’en prendre la direction depuis une dizaine d’années. Son mari et ses deux fils sont très engagés à ses côtés également. La relève est donc assurée mais le combat continue, plus que jamais.

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Angela Sheldrick (http://www.lefigaro.fr/international/2014/07/11/01003-20140711ARTFIG00249-au-kenya-un-orphelinatpas-comme-les-autres.php).

blog Les Yeux de la Girafe, logo, Alexandre SzmidtUne histoire d’amour africaine est un récit de vie extraordinaire fait par une femme qui force l’admiration. Ce sont en réalité trois histoires d’amour que Daphné Sheldrick nous raconte dans ce livre : celle pour le Kenya et Tsavo, celle de son amour sans faille pour David et bien sûr celle pour tous les éléphants et autres animaux qu’elle a recueillis et dont elle se souvient individuellement tant les liens qu’elle a tissé avec eux ont été intenses. On pourrait même dire qu’au contact des éléphants toutes ces années elle en a acquis la légendaire mémoire, car son autobiographie est une mine d’informations sur la faune et l’histoire du parc national ainsi qu’un recueil d’anecdotes détaillées sur la multitude d’animaux qu’elle a sauvés depuis son enfance, aux noms parfois improbables comme Ricky-Ticky-Tavey, la petite mangouste de la ferme de Gilgil, Gregory Peck, le tisserin des buffles ou encore Old Spice, la civette obsédée par l’après-rasage de David.

Au fil des pages, Daphné Sheldrick nous restitue fidèlement les moments de bonheur tout comme les événements tristes, voire tragiques, qui ont rempli sa vie, mais c’est également avec une certaine dose d’humour qu’elle relate les facéties de ses orphelins comme par exemple le jour où elle a retrouvé Amboseli, une jeune rhinocéros, installée dans sa minuscule cuisine… C’est inimaginable de découvrir au fil du livre tout ce que cette femme a vécu, l’énergie qu’elle a déployée jour après jour pour que de minuscules éléphanteaux survivent, sans jamais renoncer même lorsqu’elle n’a pu empêcher certains de mourir, parfois dans ses bras.

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© David Sheldrick Wildlife Trust / photo Robert Carr-Hartley – Lien fusionnel entre Daphné et les orphelins qu’elle a élevés (https://redflag.org/magazine/issue-8/great-dame/).

Grâce au travail de son mari, aux années de collaboration et d’observation avec lui et à une existence passée au contact des éléphants, Daphné Sheldrick en est devenue l’une des plus grandes spécialistes au monde. Et si la douleur de la perte de David est toujours présente dans le cœur de Daphné, celle-ci est atténuée par la satisfaction de la réussite de la fondation qui perpétue son œuvre.


MISE À JOUR DU 13 AVRIL 2018

C’est avec une immense tristesse que j’ai appris le décès de Daphné Sheldrick, qui s’est éteinte hier, 12 avril, à l’âge de 83 ans.

Daphné Sheldrick, DSWTDepuis l’annonce de son cancer début 2017 et surtout depuis les dernières photos d’elle postées sur Instagram en janvier 2018, et bien que l’issue soit pressentie, ce moment tant redouté est finalement arrivé. Je ne m’imaginais pas à quel point il allait me bouleverser. Je n’ai pu retenir mes larmes à la lecture du communiqué publié sur les réseaux sociaux par le DSWT. Et l’émotion touche toute la communauté internationale de la conservation, dont Daphné Sheldrick a été l’inspiratrice durant de longues années.

J’imagine aisément le chagrin éprouvé par ses proches, sa famille bien sûr, mais également tous les soigneurs et les équipes de l’orphelinat de Nairobi et des centres de réintroduction de Tsavo.

J’ai une pensée particulière pour tous les orphelins qu’elle a sauvés grâce à son dévouement et à son amour de la faune sans limites. De nombreux éléphants sont en deuil aujourd’hui. Elle ne viendra plus les saluer ni les appeler chacun par leur nom. Ils sont une nouvelle fois orphelins. Leur matriarche la plus âgée s’en est allée en emportant avec elle un peu de la mémoire des éléphants du Kenya.

Daphné a rejoint son âme sœur, David.

Adieu Mama Tembo… Repose en paix au paradis des éléphants.


À SAVOIR

  • L’autobiographie de Daphné Sheldrick, Une histoire d’amour africaine, a été publiée en 2013 en France aux éditions Flammarion (425 pages et cahier de photos).
  • L’ouvrage original, An African Love Story. Love, Life and Elephants, est paru en 2012 à Londres aux éditions Viking/Penguin Books Ltd, puis aux États-Unis et dans d’autres pays.
  • Le manuscrit original comportait plus de 1 000 pages. Il a été réduit à la demande de l’éditeur.
  • Une vidéo montrant d’émouvantes images d’archives a été publiée sur le site du David Sheldrick Wildlife Trust à l’occasion du quarantième anniversaire de la fondation :


PHOTO DE UNE

© David Sheldrick Wildlife Trust – Daphné et l’orpheline Aisha (https://blog.nationalgeographic.org/2013/12/06/elephant-foster-mom-a-conversation-with-daphne-sheldrick/).


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6 commentaires

  1. hélas pas de safari en prévision, le séjour sera trop court. Juste un peu de balnéaire à Kribi et ballade pour rencontrer les pygmées Baaka sont au programme. J’espère avoir le temps quand même passer au parc de réhabilitation de la Méfou pour voir ma gorille avec Lola et prendre quelques photos d’oiseaux dans la forêt. bref de quoi faire un article au retour. A++

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  2. magnifique article sur une héroïne de la cause animale, je ne connaissais pas son histoire dans détail, passionnant. Merci à toi et encore bonne année. Moi, ça repart bien, je viens de prendre des billets pour le Cameroun pour février ! youpi je vais retrouver l’Afrique !

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