Majestueuses chutes Victoria

En 2017, Léa et moi avons choisi non seulement de repartir en Afrique australe mais également de confier à nouveau l’organisation de notre voyage à l’agence Vie Sauvage. Après nos déboires de l’an passé avec la voiture de location, nous avons opté cette fois-ci pour un circuit accompagné en petit groupe, en raison du grand nombre de kilomètres que nous allons parcourir — dont une bonne partie de pistes — et des régions traversées souvent désertiques ou isolées.

Ce beau voyage, qui se déroulera essentiellement en Namibie, débute au Zimbabwe par les chutes Victoria et se poursuivra par une petite incursion au Botswana, dans le parc national de Chobe. Le programme durant deux semaines sera intensif et nous apprécions déjà à l’avance de nous laisser guider sans avoir à nous soucier d’autre chose que de respecter le timing !

Jour 1 / Victoria Falls / croisière sur le Zambèze

30 juillet 2017

Arriver jusqu’à Victoria Falls depuis Paris n’est pas de tout repos. Avec la compagnie British Airways, il nous faudra prendre trois vols différents (escales Londres et Johannesburg) pour rallier la partie zimbabwéenne des célèbres chutes Victoria. Après vingt-quatre heures de voyage porte à porte, Léa et moi arrivons un peu défraîchies en début d’après-midi à notre hôtel, le A’Zambezi River Lodge. Martin, le représentant de Batoka Safaris, un réceptif local, nous accueille. Il nous prendra en charge jusqu’au poste frontière du Botswana.

Nous avons tout juste le temps de nous installer dans la chambre et faire un petit tour dans le parc qu’il est déjà l’heure de se rendre à l’embarcadère devant le lodge pour une activité très prisée : la croisière au coucher du soleil sur le Zambèze…

Le Zambèze, qui dans la langue du peuple tonga signifie « grand fleuve », forme avec ses affluents le quatrième bassin hydrographique du continent africain. Il prend sa source sur un plateau au nord-ouest de la Zambie et traverse ou sert de frontière à six pays sur une longueur de 2 740 kilomètres environ : l’Angola, la Zambie, la Namibie, le Botswana, le Zimbabwe et le Mozambique où son delta marécageux débouche dans l’océan Indien. Ses rapides attirent les amateurs de sports extrêmes du monde entier.

Notre croisière se déroulera bien en amont des chutes, donc sans risque et sur des eaux calmes (avec tout de même un clapotis un peu gênant lorsqu’il s’agit de faire des photos, les nôtres seront assez médiocres…). Nous apercevrons quelques oiseaux, crocodiles, hippopotames ainsi que plusieurs éléphants buvant dans le fleuve avant que le soleil ne soit couché, mais tous se feront très discrets.

La lumière décline petit à petit jusqu’à ce que le ciel rougeoie au-dessus de l’horizon. C’est un moment magique. Se dire que la veille encore nous étions en région parisienne dans les embouteillages et dans la foule et que nous nous trouvons maintenant sur ce fleuve majestueux… C’est sûr, les vacances ont vraiment commencé !

sunset, Zambezi river, sunset cruise, Zimbabwe

Un apéritif est servi, rien ne manque. La fraîcheur tombe avec la nuit, le bateau fait demi-tour pour rentrer au lodge. Trop fatiguées par le voyage et cette longue journée, Léa et moi ferons l’impasse sur le dîner et irons nous coucher directement.

Jour 2 / Victoria Falls / les chutes

31 juillet 2017

Le site naturel

Les cataractes du Zambèze, plus connues sous le nom de chutes Victoria, étaient anciennement appelées par les populations locales Mosi-oa-Tunya, « la fumée qui gronde ». Ce nom n’est pas usurpé car, effectivement, la puissance et la configuration des chutes génèrent un nuage blanc d’humidité en suspension pouvant s’élever à 400 mètres de hauteur selon le débit du fleuve, visible à plusieurs dizaines de kilomètres. C’est vu du ciel que l’on peut apprécier pleinement ce phénomène. De même, le bruit assourdissant de l’eau est perceptible jusqu’à une quarantaine de kilomètres.

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Mosi-oa-Tunya, la puissance de la nature (traveldigg.com).
Zambia, Zimbabwe, Victoria Falls, border, national parks
Localisation des chutes Victoria et du Zambèze, le fleuve-frontière (http://journals.openedition.org/tem/3274).

Les chutes du Zambèze constituent à cet endroit une frontière naturelle entre la Zambie, dont la ville la plus proche est Livingstone, et le Zimbabwe où se trouve à proximité des chutes la ville du même nom : Victoria Falls. Les deux pays sont reliés par un pont routier et ferroviaire construit à l’initiative de Cecil Rhodes en 1905. Plus hautes cataractes du monde avec une hauteur maximum de 108 mètres (2 fois la hauteur des chutes du Niagara), elles s’étendent sur 1 708 mètres en largeur. Une fois déversées dans l’immense faille qui borde le plateau, les gorges de Batoka, les eaux s’engouffrent dans un étroit canyon qui serpente ensuite sur 80 kilomètres.

Les îlots situés au sommet partagent les flots en chutes distinctes : Devil’s Falls, Main Fall’s, Horse Shoe Falls, Armchair Falls et Eastern Cataract. Ces dernières prennent une apparence très différente selon l’époque de l’année. À la saison des hautes eaux (de février à juillet, surtout en mars et avril), le Zambèze déverse jusqu’à 500 millions de litres par minute alors qu’en saison de basses eaux (d’août à janvier, surtout novembre et début décembre) le débit réduit considérablement et ne laisse parfois que quelques cascades visibles.

Victoria Falls, Zimbabwe, low waters
Saison des basses eaux du Zambèze. Le nuage d’humidité est absent (https://en.wikipedia.org/wiki/Tourism_in_Zimbabwe).

Toutes ces particularités, la beauté de ce site naturel d’exception ainsi que son écosystème ont valu aux chutes Victoria d’être classées au Patrimoine mondial en 1989.

Petit historique

Bronze, David Livingstone, Victoria Falls, Zimbabwe
Statue de Livingstone près des chutes à Victoria Falls.

En tentant de trouver une route vers la côte est du continent africain, David Livingstone, missionnaire écossais et fameux explorateur, fut le premier Européen à découvrir les chutes du Zambèze en 1855, après avoir découvert le fleuve lui-même quatre ans plus tôt. En voyageant de Luanda à Sesheke, son attention fut attirée par un curieux nuage blanchâtre qui s’élevait au-dessus d’une partie de la forêt. Cet endroit étant désigné comme Mosi-oa-Tunya (voir ci-dessus), il demanda à Sebituane, chef des Makalolos de l’y conduire en pirogue. On imagine aisément quelle fut sa surprise en voyant les spectaculaires chutes d’eau. Il les baptisa « Victoria » en l’honneur de la reine.

 

« Personne ne peut imaginer la beauté du site car nous n’avons rien de comparable en Angleterre… Ce lieu n’a jamais été vu par des yeux européens, mais il a dû être vu par les anges dans leur envol. »

David Livingstone

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Reproduction d’un dessin des chutes Victoria réalisé par David Livingstone (https://www.rgsprintstore.com/products/sketch-of-the-victoria-falls).

Dès que la nouvelle de l’existence de ces chutes s’est propagée au-delà des frontières, des commerçants et hommes d’affaires anglophones ont commencé à s’y rendre, implantant petit à petit une colonie sur le site des chutes Victoria, Old Drift (côté actuelle Zambie). Les visiteurs étrangers se pressaient pour venir voir cette merveille de la nature, en particulier des Afrikaners venus de la région du Transvaal. Le chemin de fer, avec la construction du pont en 1905, a facilité l’accès des touristes. Le bourg d’Old Drift fut abandonné en raison du paludisme et déplacé pour devenir la ville de Livingstone (capitale de 1911 à 1935). On peut voir des tombes de colons morts de la malaria dans l’ancien cimetière d’Old Drift. Un hôtel de luxe, le Victoria Falls Hotel, a été construit en 1904 (côté actuel Zimbabwe). Il continue aujourd’hui encore à accueillir une clientèle très aisée.

L’évolution du site touristique des chutes Victoria suivra celle de l’histoire politique et économique de la région, la Zambie (ancienne Rhodésie du Nord) ayant acquis son indépendance en 1964 et le Zimbabwe (ancienne Rhodésie du Sud) plus tardivement en 1980. La Zambie a su tirer son épingle du jeu durant les périodes d’instabilité de son voisin le Zimbabwe, mais ce dernier a commencé à rattraper son retard avec l’abandon du dollar zimbabwéen en 2009 au profit du dollar américain, faisant revenir les touristes. Il paraît que les prix son moins élevés côté Zimbabwe ; sachez qu’il vous faudra tout de même débourser 3 dollars US pour une simple carte postale dans la boutique du parc national !

Notre balade aux chutes

Départ matinal pour les chutes. Nous retrouvons Martin, notre guide zimbabwéen à la réception et nous faisons connaissance avec le reste du groupe, deux couples français ainsi qu’une Italienne. Nous serons donc sept durant le circuit, sans compter le guide.

À l’entrée du parc national, nous nous équipons de grands ponchos imperméables à capuche, peu seyants mais bien utiles, et partons sur le sentier qui longe la gorge du côté zimbabwéen. Au fur et à mesure que nous nous rapprochons, l’humidité se fait de plus en plus présente et la végétation de plus en plus verte, jusqu’à devenir presque tropicale sur toute la zone qui borde le précipice. Puis, les voilà enfin, ces fameuses chutes. Elles s’offrent à nous dans un tumulte incessant. N’en déplaise à la reine Victoria, c’est bel et bien la démonstration de force du roi Zambèze qui se déploie ici sous nos yeux. La puissance de la nature à l’état brut ! Et nous sommes en août, ce qui signifie que le débit n’est pas à son maximum.

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La brumisation est constante, l’eau ruisselle des arbres. Alors que nous avons un grand ciel bleu, il pleut littéralement. D’ailleurs Martin se déplace avec un parapluie… Il est très difficile de prendre des photos, les appareils sont trempés, quoi qu’on fasse, et de toute façon l’eau en suspension cache le paysage comme un brouillard.

Tant pis, nous profitons du moment, car l’heure tourne et nous allons bientôt partir pour rejoindre la frontière du Botswana.

Activités à faire (ou pas…)

Outre les promenades pour admirer les chutes ou les croisières sur le Zambèze, la liste des activités proposées des deux côtés de la frontière sont légion. Tout est prévu pour occuper les touristes et les inciter à passer plusieurs nuits sur place. Le lieu est réputé pour les amateurs de sports extrêmes.

  • Si on a le temps (ce qui n’était pas notre cas) et le budget, le survol des chutes Victoria en hélicoptère est à faire absolument. Les vues sont spectaculaires et c’est le meilleur moyen d’apprécier le gigantisme du site.
  • Pour les plus sportifs, il y a du rafting dans la gorge qui serpente après les chutes.
  • Visites de Victoria Falls et Livingstone, promenades à cheval, golf, safaris, etc. permettent d’agrémenter des séjours plus longs.
  • L’une des attractions phare est le saut à l’élastique depuis le pont qui relie les deux pays. C’est à vos risques et périls… En 2012, une Australienne a miraculeusement survécu à une chute de 111 mètres après que son élastique a rompu.
  • Déconseillé : Devil’s Pool. Juste au bord de la cataracte, du côté zambien, on peut accéder en période de basses eaux (de septembre à décembre) par l’île Livingstone à une piscine naturelle, la bien nommée « piscine du Diable ». Même accompagné d’un guide local, la sécurité d’un tel bain est toute relative car outre les imprudences de certains touristes qui n’hésitent pas à s’y jeter au bord du précipice pour se faire prendre en photo, le débit de l’eau peut changer en quelques minutes et monter d’un mètre. On compte au moins une quinzaine de personnes ayant trouvé la mort en tombant de cette piscine qualifiée de plus dangereuse au monde.
  • À proscrire : safaris à dos d’éléphants. Ce sont des animaux sauvages qui n’ont pas vocation à être montés pour divertir les touristes. Leur dressage est cruel et ils s’en prennent parfois à leurs dresseurs en représailles, et les piétinent… (plusieurs morts dont le dernier en juillet 2017 ; l’éléphant a ensuite été abattu).
  • Pas éthique : la marche avec les lions. Présentée comme un programme de réhabilitation, cette attraction pour touristes est un élevage de lions « produits » pour être domestiqués à des fins commerciales.

À SAVOIR

  • Le Rovos Rail, l’un des trains les plus luxueux au monde, propose un Pretoria-Victoria Falls (3 jours) ou un Durban-Victoria Falls (11 jours). Les prix sont à la hauteur de la prestation ! Arrivée par le pont avec vue sur les chutes Victoria.
  • Moins luxueux mais très confortable tout de même, le Shongololo Express, opéré également par Rovos depuis 2016. Le Pretoria-Victoria Falls se fait en 12 jours.

QUELQUES SOURCES


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